>>> YOU ARE VIEWING A 200 LINE SAMPLE OF EBOOK# E05942 <<< TITLE: MA CAPTIVITE EN ABYSSINIE AUTHOR: DR. HENRI BLANC EBOOK: E05942 (O'Briens Book Cellar) LANGUAGE: FRENCH MA CAPTIVITE EN ABYSSINIE SOUS L'EMPEREUR THEODOROS PAR LE DR H. BLANC CHIRURGIEN DE L'ARMEE ANGLAISE AUX INDES Ouvrage traduit de l'anglais par Madame ARBOUSSE-BASTIDE [Illustration: VUE DE MAGDALA] AVEC DES DETAILS SUR L'EMPEREUR THEODOROS SA VIE, SES MOEURS, SON PEUPLE, SON PAYS PREFACE DE L'AUTEUR J'entreprends la tache d'ecrire le recit de notre captivite en Abyssinie, afin de satisfaire la curiosite naturelle qui m'a ete temoignee par un grand nombre de connaissances et d'amis desireux d'obtenir des details tant sur les causes memes de cette captivite que sur la maniere dont nous avons ete traites, les evenements de notre vie quotidienne, et le caractere et les habitudes de l'empereur Theodoros. J'ai essaye de donner une esquisse exacte de la carriere de ce souverain, ainsi qu'une description de son pays et de son peuple. J'ai parle encore de ses amis et de ses ennemis. Afin de familiariser davantage le lecteur avec le sujet, j'ai juge necessaire de dire quelques mots des Europeens qui out joue un role dans cet etrange imbroglio de _l'affaire abyssinienne_. Ces diverses informations m'ont ete fournies soit par mon experience personnelle et les evenements survenus pendant ma captivite, soit par les communications de certains indigenes bien informes. J'ai eu, pour preparer ce travail, les loisirs forces de plusieurs mois de prison. Les souffrances des captifs abyssiniens seront toujours associees, dans les annales britanniques, au succes triomphant de l'expedition si habilement organisee par le commandant lord Napier _de Magdala_. Ce dernier titre, donne a l'honorable general anglais, a ete le digne couronnement d'une longue et glorieuse carriere. MA CAPTIVITE EN ABYSSINIE I L'empereur Theodoros.--Son elevation a l'empire et ses conquetes.--Son armee et son administration.--Causes de sa chute.--Sa personne et son caractere.--Sa famille et sa vie privee. Lij-Kassa, plus connu sous le nom de l'empereur Theodoros, etait ne dans le Kouara, vers l'an 1818. Son pere etait un noble d'Abyssinie, et son oncle, le celebre Dejatch Comfou, pendant plusieurs annees, avait gouverne les provinces de Dembea, Kouara, Ischelga, etc., etc. A la mort de son oncle, Lij-Kassa fut nomme par la mere de Ras-Ali, Waizero Menen, gouverneur de Kouara. Mais mecontent de ce poste qui n'offrait qu'un petit champ a son ambition, il se degagea de son serment et occupa la ville de Dembea, capitale de la province de ce nom. Plusieurs generaux furent envoyes pour chatier le jeune soldat; mais tantot il evitait leurs poursuites et tantot battait leurs troupes. Toutefois sur la promesse solennelle qu'il serait bien recu, il revint au camp de Ras-Ali. Ce chef tres-bienveillant, mais faible, eut la pensee de rattacher a sa cause le jeune chef rebelle en lui donnant sa fille Tawaritch, qui etait d'une grande beaute. Lij-Kassa revint a Kouara et pendant quelque temps parut fidele a sa souveraine. Il fit plusieurs expeditions de pillage dans le bas pays, mit a feu et a sang les huttes des Arabes, et revint toujours de ces expeditions trainant apres lui des bandes de prisonniers et d'esclaves, et des troupeaux de betail. Les succes de Kassa, le courage qu'il manifesta en toute occasion, la vie sobre qu'il menait et l'affection qu'il montrait a ceux qui servaient sa cause, rassemblerent bientot autour de lui une bande de vagabonds hardis et entreprenants. D'un caractere ambitieux, il forma des lors le projet de se tailler un empire dans ces plaines si fertiles qu'il avait si souvent devastees. Eleve dans un couvent, il avait etudie les sujets theologiques, mais il s'etait particulierement rendu familiere l'histoire de l'Abyssinie. Son education, superieure a celle de son entourage, exerca une grande influence sur son avenir. Tous ses rapports avec les autres hommes avaient un caractere religieux, et il etait profondement penetre de l'idee, que la race musulmane ayant, depuis des siecles, empiete sur les pays chretiens, le but de sa vie devait etre desormais le retablissement de l'ancien empire d'Ethiopie. Sollicite a la fois par son ambition et son fanatisme, il s'avanca dans la direction de Kedaref, a la tete de 16,000 guerriers; mais il connut bientot la superiorite d'une petite troupe bien armee et bien conduite, sur de nombreuses bandes indisciplinees. Pres de Kedaref, il se trouva face a face avec ses mortels ennemis, les Turcs, qui n'etaient qu'une poignee, mais encore trop nombreux pour lui; car, au premier choc, ses soldats furent demoralises et battus. Il dut, pour quelque temps au moins, renoncer a son reve cheri. Au lieu de retourner au siege du gouvernement, il fut oblige, a cause d'une grave blessure recue pendant le combat, de s'arreter sur les frontieres du Dembea. De son camp, il informa sa belle-mere de l'etat dans lequel il se trouvait, la priant de lui envoyer une vache (salaire exige par les docteurs abyssiniens). Waizero Menen, qui avait toujours deteste Kassa, saisit avec empressement l'occasion que lui offrait l'humble condition dans laquelle ce dernier etait tombe pour abaisser son orgueil, et an lieu d'une vache, elle lui fit parvenir un petit morceau de viande, accompagne d'un message insultant. Pres de la couche du chef blesse, se tenait la courageuse compagne qui avait partage ses infortunes, la femme qu'il aimait. A l'ouie du message ironique de la reine, son sang bouillant de Galla s'enflamma et elle fut prise d'une grande indignation. Elle se leva et dit a Kassa qu'elle aimait les braves, mais qu'elle detestait les poltrons, et qu'elle ne resterait pas aupres de lui s'il ne vengeait cette insulte dans le sang. Ces paroles passionnees tomberent dans des oreilles bien preparees pour les recevoir, et la soif de la vengeance penetra dans le coeur de Kassa. Aussitot qu'il eut recouvre assez de forces, il retourna a Kouara et se proclama ouvertement independant. Ras-Ali lui enjoignit une seconde fois de rentrer a sa cour; mais la sommation fut renvoyee avec un refus cruel. Plusieurs officiers furent expedies pour forcer Kassa a se soumettre, mais le jeune commandant battit facilement tous ces envoyes; tandis que leurs compagnons d'armes, charmes par les manieres insinuantes du jeune chef et alleches par ses splendides promesses, s'enrolaient sous les drapeaux de Kassa. La femme de ce dernier exercait toujours une grande influence sur lui, lui montrant qu'il pouvait aisement s'emparer du pouvoir supreme; et, comme il hesitait encore, elle le menaca de l'abandonner. Kassa ne resista pas plus longtemps; il marcha vers Godjam, entrainant tout sur son passage. La bataille de Djisella, livree en 1853, decida du sort de Ras-Ali. Son armee etait a peine engagee qu'une terreur panique saisit ses soldats, et Ras-Ali abandonna le champ de bataille avec un corps de 500 cavaliers, tandis que le reste de ses troupes allait grossir les rangs du conquerant. Au bout de peu d'annees, de Shoa a Metemma, de Godjam a Bagos, tout tremblait devant l'empereur Theodoros et obeissait a son commandement. Pour consacrer son nouveau titre, il desira se faire couronner; ce fut apres la bataille de Deraskie, livree en fevrier 1855, qui lui soumettait le Tigre et reduisait son plus formidable ennemi Dejatch Oubie. Apres cette nouvelle victoire, Theodoros tourna ses armes redoutees contre les Wallo-Gallas; il occupa lui-meme Magdala; il ravagea et detruisit si completement les riches plaines des Gallas, qu'en desespoir de cause, plusieurs des chefs de ces tribus entrerent dans les rangs de son armee et tournerent leurs armes contre leurs concitoyens. Non-seulement, le nouvel empereur voulait venger la longue oppression des chretiens depuis si longtemps victimes des frequentes incursions des Gallas, mais il voulait aussi humilier l'esprit hautain de ces hordes. Malheureusement, au faite de son ambition, il perdit sa courageuse et bien-aimee femme. Il sentit profondement son malheur. Elle avait ete son fidele conseiller, la compagne inseparable de sa vie aventureuse, l'etre qu'il avait le plus aime; et tant qu'il vecut, il cherit sa memoire. En 1866, un de ses partisans m'ayant supplie, en sa presence, de demeurer quelques jours aupres de sa femme mourante, Theodoros baissa la tete et pleura au souvenir de la sienne morte depuis plusieurs annees et qu'il avait aimee si profondement. La carriere de Theodoros peut se diviser en trois periodes distinctes: la premiere, de son enfance jusqu'a la mort de sa premiere femme; la seconde, depuis la chute de Ras-Ali jusqu'a la mort de M. Bell; la troisieme depuis ce dernier evenement jusqu'a sa propre mort. La premiere periode que nous avons decrite fut la periode des promesses; la seconde, qui s'etend de 1853 a 1860, renferme bien des choses louables dans la conduite de l'empereur, quoique plusieurs de ses actions soient indignes de la premiere partie de sa carriere. De 1860 a 1866, il semble avoir abandonne petit a petit toute retenue, au point de se rendre remarquable par sa luxure et ses cruautes inutiles. Ses principales guerres, pendant la seconde periode, furent dirigees contre Dejatch Goscho-Beru, gouverneur de Godjam, contre Dejatch-Oubie, qu'il vainquit, ainsi que nous l'avons deja raconte a la bataille de Deraskie, et enfin contre les Wallo-Gallas. Toutefois, il se montra encore magnanime, et bien qu'il fit prisonniers plusieurs chefs importants, il leur promit de les relacher aussitot que son empire serait entierement pacifie. En 1860, il marcha contre son cousin Garad, le meurtrier du consul Plowden, et il eut les honneurs de la journee; mais il perdit son meilleur ami et son conseiller, M. Bell, qui sauva la vie de l'empereur en sacrifiant la sienne. En janvier 1861, Theodoros s'avanca avec des forces accablantes contre un puissant rebelle, Agau Negoussie, qui s'etait rendu maitre de tout le nord de l'Abyssinie; par son habile et intelligente tactique, il abattit son adversaire, mais il ternit sa victoire par d'horribles cruautes et par des violations de la foi juree. Il fit couper les pieds et les mains a Agau Negoussie, et quoique celui-ci ait souffert encore bien des jours, le cruel empereur lui refusa toujours une goutte d'eau pour rafraichir ses levres enfievrees. Sa cruelle vengeance ne s'arreta pas la. Plusieurs des chefs compromis, qui s'etaient soumis sur la promesse solennelle d'une amnistie, furent livres aux mains du bourreau ou envoyes charges de chaines pour languir toute leur vie dans quelque prison de province. Pendant pres de trois ans, l'autorite de Theodoros fut reconnue par tout le pays. Une petite poignee de rebelles s'etaient bien leves ici et la, mais a l'exception de Tadla Gwalu, qui ne put etre chasse de sa forteresse, dans le sud du Godjam, tous les autres ne furent que de peu d'importance et ne troublerent nullement la tranquillite de son regne. Quoique conquerant et doue du genie militaire, Theodoros fut mauvais administrateur. Pour attacher de nouveaux soldats a sa cause, il leur prodigua d'immenses sommes; il fut alors force d'imposer a ses sujets <<< END OF SAMPLE... (THE FULL EBOOK HAS 650529 TOTAL CHARACTERS) >>>